Monsieur Sarkozy au pays des bisounours

Publié le par revenonsenfrance

 

 

M. Sarkozy promet "la victoire" à ses troupes. Par la voie de sa pâle porte parole, il affirme "ne pas se placer pas dans la perspective de la défaite" tout en parlant de sa future NON-réélection, époque bénie où nous n'entendrons plus parler de lui.

Mis bout à bout, ces deux propos ne semblent pas vraiment cohérents, mais à cela il nous avait déjà habitué.

 

Toujours est-il que M Sarkozy fait peine à voir. Il sillone la France l'air bravache et conquérent; sûr de lui. A le voir une phrase de François Hollande me revient, il avait dit de son concurrent qu'il était "un piètre président mais un excellent candidat" et c'est vrai qu'on y croirait.

 

Et pourtant... dans sa soif de reconquête, les oeillères de M Sarkozy semblent l'empêcher de voir l'essentiel: que la France ce n'est pas ces attroupements acquis à sa cause lors des meetings et qui applaudit ses propositions moyen-âgeuses. La "vrai" France, elle, ne le supporte plus. Excédée par son bilan désastreux et son tempéramment excécrable.

 

Passé l'épisode de Bayonne où le candidat UMP a pu juger de l'amour très limité de ses sujets, il s'est rendu le 8 mars à l'usine Lejaby rencontrer les ouvrières en phase de reclassement.

Le pauvre il pensait  arriver en terrain conquis: le site venait d'être repris par un groupe  de luxe et les ouvrières en pleine reconversion, il venait célébrer "la femme".

 

Mais c'est sans compter sur son aura de détestabilité. Les ouvrières lejaby, peu dupes, on bien vu à qui elles avaient affaire.

 

Regardez cet article de Libération:

 


 

 

Reportage Le président candidat, en déplacement à Yssingeaux (Haute-Loire) n’a pas soulevé l’enthousiasme.

Envoyé spécial à Yssingeaux (Haute-Loire) et Saint-Just- Saint-Rambert (Loire) Grégoire Biseau
 

Bayonne est passé par là. A une demi-heure du meeting de Nicolas Sarkozy à la salle des fêtes de Saint-Just-Saint-Rambert (Loire), après son passage à Yssingeaux chez les ex-Lejaby dans l’après-midi, près de 200 CRS, casqués et armés de flash-balls, ont chargé une centaine de manifestants venus accueillir avec des sifflets le candidat de la majorité. Des sympathisants d’extrême gauche, des militants CGT, des professeurs, quelques adolescents reprenant en chœur l’Internationale.«C’est une honte», crie un homme qui vient de recevoir plusieurs coups de matraque. «Sarko dégage !» reprennent les manifestants. Des images et des sons auxquels voulait pourtant échapper à tout prix l’équipe du président candidat.

 

Pour éviter que se reproduisent les incidents du Pays basque, la destination et l’objet du déplacement d’hier ont d’ailleurs longtemps été tenus secrets. Avant d’arriver à Yssingeaux (Haute-Loire), les ronds-points sont tenus par les CRS. L’accès à l’usine Lejaby a été coupé et le service d’ordre renforcé. Comme au temps du Président pas encore candidat. «Nicolas Sarkozy a besoin d’être dans des endroits comme ici, même si c’est peut-être plus dangereux», assure un proche.

 

«Colle». La visite de courtoisie aux 82 ouvrières s’est bien déroulée. Ce n’est rien de dire que les ouvrières de Lejaby, reprises par un fournisseur de LVMH, n’étaient pourtant pas franchement enchantées par la venue de Sarkozy. «Que voulez-vous que ça nous rapporte ?» confesse une première. «Le remercier ? Pourquoi ? On lui doit rien, on s’est battu, c’est tout. Il aurait été obligé de bouger de toutes les manières. Ne serait-ce que parce qu’Arnaud Montebourg a été le premier à venir», assure Solange, 52 ans. Mais le candidat UMP a du métier. Il avance prudemment. Demande si la reconversion dans la maroquinerie n’est pas «trop dure».«Et la colle, elle est spécifique ?»«Et qui a choisi les blouses Vichy ?» Sarkoy est là pour raconter une «belle histoire qui finit bien». Celle d’une reconversion grâce à la formation. Il en profite pour faire la promotion de son idée de référendum sur les droits et devoirs des chômeurs, transformés pour l’occasion, en un droit à la formation. «C’est la réponse à la crise, affirme-t-il à une table de travail. Il n’y a pas d’âge pour apprendre.» Une ouvrière : «On n’a plus 20 ans.» Sarkozy : «Et moi, alors ?» Sourire. «C’est comme une nouvelle jeunesse, je suis sûr que, quand vous rentrez le soir chez vous, votre mari ou votre compagnon se demande si il n’y a pas quelque chose de changer en vous… Vous êtes formidables.» La table fait la moue.

Nouvelle table. Mêmes questions. «Vous avez meilleur moral que la première fois que je vous ai vues.» Il propose une photo. Le candidat UMP pose entouré d’ouvrières en reconversion dans le luxe. Elles jouent toutes le jeu.

 

«Parleur». A la sortie de l’usine, Solange reconnaît volontiers que «rencontrer un président est quelque chose d’important dans une vie».«C’est un beau parleur», ajoute-elle, tout en affirmant que «lui ou un autre, ça ne changerait pas grand-chose». Elle sait déjà pour qui elle va voter, mais refuse de nous le dire.

 

La caravane du candidat est partie. La déléguée syndicale CGT peut distribuer son tract aux journalistes. «Nous refusons cette récupération qui veut faire oublier son bilan catastrophique pour l’emploi. Monsieur Sarkozy, vous n’êtes ni le sauveur ni le défenseur des droits de la femme.»

 

 

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