Nicolas Sarkozy, festival du Pinocchio sur France Inter (article du Nouvel Observateur)

Publié le par revenonsenfrance

Allez voir le paragraphe sur Kadhafi... savoureux!


 

Le "Nouvel Observateur" décerne une avalanche de Pinocchios à Nicolas Sarkozy pour son intervention sur France Inter, mardi 17 avril. 

  • "La France est le seul pays de l'OCDE à n'avoir connu aucun trimestre de récession depuis le deuxième trimestre 2009."



 

 

La France a connu un trimestre de croissance négative : le deuxième trimestre 2011. En fait, le chef de l'Etat joue sur la définition de la récession - qui commence à partir de deux trimestres - et il serait plus exact de préciser que la France n'a pas connu de récession depuis le deuxième trimestre 2009. Ce qui est absolument faux, c'est de dire qu'elle est la seule dans ce cas.

En effet, comme l'ont rappelé nos confrères du "Monde", l'Allemagne et les Etats-Unis n'ont connu qu'un semestre de croissance négative depuis le deuxième trimestre 2009, tout comme la France. Mais la Pologne et la Suisse, elles, n'en ont connu aucun.

 

Le chef de l'Etat travestit également la réalité en abordant le programme de son principal concurrent :

  • "La compétitivité est un mot qui n'est pas prononcé une fois dans le programme du candidat socialiste."

Faux. Dans le projet de François Hollande, le mot "compétitivité" apparaît une fois. Il se situe dès la première proposition du candidat, dans la phrase : "Je permettrai aux régions, pivots de l’animation économique, de prendre des participations dans les entreprises stratégiques pour le développement local et la compétitivité de la France."

 

Ce n'est pas tout : pour rappeler son opposition à l'homophobie, le chef de l'Etat a commis une erreur au sujet du député UMP, Christian Vanneste :

  • "Christian Vanneste a été exclu de l'UMP par une décision de Jean-François Copé."

 


 

 

Le député UMP du Nord, qui s'est fait remarquer notamment par ses interventions douteuses sur les homosexuels, dément l'affirmation du chef de l'Etat. Interrogé par nos confrères de Rue89, il répond :

"Dans un parti politique, il y a des statuts. Pour exclure quelqu’un, il faut respecter les statuts. Ces gens-là annoncent mon exclusion, mon retrait d’investiture, mais je n’ai aucun contact avec eux. Enfin, il est difficile d’exclure quelqu’un pour avoir tenu une vérité historique."

 

A l'international, Nicolas Sarkozy souffre de légers troubles de la mémoire au sujet de l'ancien dictateur libyen Kadhafi :

  • "Il n'a jamais été question de vendre une centrale à monsieur Kadhafi. S'il y a bien dans le monde un chef d'Etat qui n'a pas frayé avec monsieur Kadhafi, et est responsable de son départ et de ce qui lui est arrivé, je pense peut-être que c'est moi."

 


 


S'il n'a pas "frayé", il a pour le moins été chaleureux avec le dictateur . En décembre 2007, le guide de la révolution libyenne a été accueilli à Paris pour une visite de cinq jours. Une visite au protocole inhabituel : reçu à l'hôtel Marigny, conformément à ses caprices, le colonel a fait ériger dans les jardins une tente bédouine pour y accueillir ses invités.

Rama Yade, alors secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, s'était dite "dérangée" : "Le colonel Kadhafi doit comprendre que notre pays n'est pas un paillasson sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits."

Aux critiques, Nicolas Sarkozy répondait alors : "Si nous n'accueillons pas des pays qui prennent le chemin de la respectabilité, que devons-nous dire à ceux qui prennent le chemin inverse ?" Il a ensuite déclaré :

Je peux témoigner de la collaboration des services français avec les services libyens pendant les quatre années où j’étais ministre de l'Intérieur."

Pas question de vendre une centrale ? Le 27 juillet 2007, "Le Figaro" rappelait que Nicolas Sarkozy, au cours de sa visite à Tripoli, avait proposé de fournir à la Libye des technologies nucléaires civiles, après la signature d'un projet de coopération dans les "applications pacifiques de l'énergie nucléaire."

 

Autre sujet très sensible, l'affaire Bettencourt, que Nicolas Sarkozy s'efforce de ne pas commenter, tout en affirmant :

"Sur ma campagne 2007, vous devez le savoir, les comptes ont été si exacts que personne ne les a contestés."



 


La justice se rapproche pourtant de plus en plus de Nicolas Sarkozy, dans le cadre de l'affaire Bettencourt. Ces comptes font l'objet d'une réquisition judiciaire auprès de la Commission nationale des comptes de campagne. Le dossier Bettencourt comporte un volet sur un possible financement politique occulte, ouvert notamment après des déclarations de l'ex-comptable de Liliane Bettencourt, Claire Thibout. Celle-ci a, entre autres, affirmé avoir remis 50.000 euros en espèces à l'ancien homme de confiance de l'héritière de l'Oréal, Patrice de Maistre. Ce dernier lui aurait déclaré qu'il les remettrait à l'ancien trésorier de l'UMP, Eric Woerth, pour la campagne de Nicolas Sarkozy.

 

Enfin, toujours sur l'affaire Bettencourt, mais cette fois dans le volet concernant les fadettes des journalistes du "Monde", Nicolas Sarkozy a déclaré :

 

  • "Il n'y a eu aucun journaliste qui a été espionné. Il y a une procédure en violation du secret de l'instruction et c'est cette procédure en violation du secret de l'instruction que de... pourquoi d'ailleurs, pourquoi espionner un journaliste ? Pour savoir ce qu'il va dire le lendemain dans le journal ?"

 

En septembre 2010, le procureur Philippe Courroye ouvre une enquête préliminaire pour violation du secret de l'enquête après des révélations du "Monde" sur une perquisition réalisée par la juge Isabelle Prévost-Desprez chez Liliane Bettencourt. Il soupçonne la magistrate d'être la source des journalistes et il aurait fait saisir les "fadettes" (factures téléphoniques détaillées) de ces derniers pour le vérifier.

Le quotidien porte alors plainte contre X pour violation du secret des sources. En mai 2011, une information judiciaire pour "atteinte au secret des correspondances par personne dépositaire de l'autorité publique dans l'exercice de ses fonctions" est confiée à la juge Sylvia Zimmermann.

La Cour de cassation a jugé la saisie des fadettes des journalistes contraire à leur droit au secret des sources, et Philippe Courroye a été mis en examen fin janvier pour "collecte illicite de données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal et illicite" et "violation du secret des correspondances", comme son adjointe Marie-Christine Daubigney. Mais la cour d'appel de Paris a annulé ces mises en examen sur un point de procédure le 22 mars ; le "Monde" a annoncé qu'il allait se pourvoir en cassation. Philippe Courroye reste procureur de Nanterre : la Chancellerie affirme que son départ n'est pas "à l'ordre du jour", et lui-même exclut toute démission.

Le patron du renseignement intérieur (DCRI), Bernard Squarcini, est lui aussi mis en examen. Contrairement à son supérieur Frédéric Péchenard, qui assume pourtant avoir demandé "d'identifier" la source d'un journaliste du "Monde".

Ainsi il n'y a pas eu d'écoute de journaliste, mais il y a bien eu un espionnage.

Donald Hebert, Louis Morice, Anne-Sophie Hojlo et Cédric Coussseau - Le Nouvel Observateur

 

Le principe des Pinocchios de l'Obs :

Un Pinocchio = Une simple erreur, une imprécision.

Deux Pinocchios = Une erreur manifeste, un mensonge par omission

Trois Pinocchios = le mensonge prémédité, avec intention de nuire.

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